mardi 2 novembre 2010

Allons nous baigner II



On commence à écrire ce qu’on vit lorsqu’on sent que ça va finir très bientôt, on sent la fin. Est-ce que c’est ça ?

Si tu ne l’as pas écrit c’est presque foutu au bout d’un moment, tu inventeras les choses. Le reste échappe. Se rappeler de tout ce qui est parti, tout ce qui a coulé, par vagues, par grandes flambées. Tout ce qui a brûlé. Ce qu’il reste je l’ai gardé c’est ce bout de papier. Je me souviens avoir voulu le garder, je me souviens que toi tu avais tenu à ne pas le garder. Toi tu voulais toujours brûler. Tout.

mardi 28 septembre 2010

Praha


party total

sièges de voitures et mécaniques grinçantes partout. La guerre des mondes on a juste oublié lesquels. Odeur de shit, mecs percés rasés genre punks à chien de l'est. Doom au goût de métal. sombre et enfumé. Olivier boit vodka pomme. Laurie aussi. Tranquille. PARTY TOTALE.


Derrière diagonale gauche 14 ans 1/2 roule un joint. Rnb vrombissant, un film bizarre czeck dehors tendu sur une toile / le type reste derrière sa bobine debout dans l'herbe grise.

Les gens dansent de la techno ou un truc chelou à arpeggiators. Rythme lourd et chaloupé. meuf qui chante lumière qui bouge.

mardi 14 septembre 2010

only thinking




Il y a beaucoup trop de blanc, entre les branches des arbres.

Une chienne pourrait passer son museau jusqu’à l’intérieur des troncs.

La gueule arrachée par le mouvement.

Le train balaie tout, même les espaces vierges.

Autrefois, il avait un revolver. Pour pouvoir abattre le soleil.

Il ne lui reste plus qu’une pensée. Qui fait Tic Tac.

(Now. Click on the title please.)

dimanche 12 septembre 2010

équité



Molloy aussi avait une mère.

Comme tout le monde.

jeudi 9 septembre 2010

Rentrée Littéraire


Tous à vos cartables, pliez l’échine, le compte à rebours a commencé.

Amélie Nothomb est déjà à son pupitre, elle a déposé ses fruits sur le bois. Bien en avance.

Bret Easton Ellis aiguise ses crayons. On espère pour le bien être de notre digestion future qu’il ne les enfoncera pas là où on pense. Cette fois.

Michel Houellebecq révise ses cours de géographie. Son chien a mâché ses copies pendant l’été.

On attend les intrigues de fond de classe de Virginie Despentes avec un peu moins d’impatience mais ce très cher Enard devrait réussir à nous faire garder le sourire.

De son côté, Echenoz a renoncé à l’EPS pour la techno et la physique. Il a hâte de commencer et nous aussi. Il devrait être là d'une semaine à l'autre.

Dès son arrivée, on part sécher les cours avec Jim Harrisson. Parce que oui, de toute façon, sa Buick est garée devant le collège, prête à démarrer.

vendredi 20 août 2010

Summer Storm


Il y a quelques gouttes sur le mois d’août. Et le forum des images est fermé. Alors on part acheter des fleurs par dizaines de bouquets. On remplit le métro avec des gardénias, des roses roses, des chardons bleus et d’autres encore, dont on taira le nom.

Et oui, le forum des images est fermé. On aurait bien vu Mes petites amoureuses. On invente des scènes qui n’ont jamais existé. On s’ennuie un peu. Parce que c’est plus joli que le vélib’, on part faire de la bicyclette. On espère crever un pneu, et faire comme dans Les aventures de Reinette et Mirabelle. Mais il se met à pleuvoir. Pas qu’un peu.

Les fleurs sont mises à l’abri et on murmure au-dessus d’elles. Elles s’endorment et on organise une grande fête. Reinette et Mirabelle sont bien sûr conviées. Mes petites amoureuses aussi. Les éclairs passent entre les lattes du plancher où tout le monde danse. Ça pourrait être l’Oklahoma. Ou l’Ohio. Plus sûrement Moscou.
Paris au mois d’août, la belle aventure.

dimanche 15 août 2010

William Kentridge - Automatic Writing


(Click on the title please)


Les projecteurs s’éteignent, d’autres s’allument. Les musées savent parfois former des labyrinthes où des japonaises élégantes prennent garde de ne pas marcher sur les doigts des visiteurs.
Car nous nous sommes éparpillés, au sol, dans la pièce. Nos regards s’égarent, font échos aux films qui s’égrainent sur les écrans multiples. Des fourmis passent sur l’un d’eux, forment des lignes en pointillés. William Kentridge joue au magicien d’Oz et fait voler chaque élément de son atelier. Ici une chaise sur un doigt, ailleurs des feuilles blanches. Un café efface ses traces par un procédé usé de rétrospective, traces oubliées sur lesquelles on écarquille, pourtant, toujours autant les yeux.
Le noir et blanc des tyrans est cruel mais joue son rôle à la perfection. On s’endormirait bien dans la berceuse des longues lignes sombres.
Et puis ce fût un beau dimanche pluvieux.